En vérité : Un réquisitoire signé Mahougnon !

L’Insae a levé un lièvre. Le ministre Kakpo Mahougnon le traque. Avec courage, il s’attaque au manque d’engagement professionnel de ses collaborateurs. Nous y voilà. Il y a une semaine, face aux données de 2015 de l’Institut national de statistiques qui, clairement, mettaient en relief la paresse du travailleur béninois, il s’est trouvé des incrédules et des contestataires. Maintenant, que c’est un ministre qui, à travers une correspondance administrative, rappelle que l’inconscience professionnelle est toujours au rendez-vous, il n’y a plus d’excuse pour nos fonctionnaires.

Dans l’âme, ils sont paresseux. Et, à la limite, ils méritent qu’on le leur chante, les dénonce publiquement et que le ministre Kakpo Mahougnon soit obligé de jouer au gendarme avec les siens. Sinon comment, à la découverte du vrai visage de l’inconscience professionnelle, ne serait-il pas irrité ?

Tenez ! Se voir servir, chaque matin, un cocktail de lenteur accrue dans le traitement des différents dossiers, forcément ça vous remonte contre les agents à divers niveaux de responsabilité. En plus, quand la puanteur de l’inconscience et de l’incompétence professionnelle s’en mêle, alors, autant aller chercher des robots et des machines pour éviter de se faire du mauvais sang. D’ores et déjà, que le ministre Kakpo Mahougnon le sache : s’il veut faire long feu à son poste et ne pas être emporté par une crise cardiaque, il serait, à la longue, obligé de fermer les yeux sur certaines incongruités.

Malheureusement, dans l’administration béninoise, c’est ainsi. Elle déteste la rigueur et la pression. A contrario, elle aime les primes et les facilités. Et quand un révolté du système ambiant se décide à changer les mentalités et promouvoir la bonne attitude, il est automatiquement cloué au pilori. Là, ne soyons pas surpris que, dès que le ministre Kakpo Mahougnon mettra en exécution ses menaces, que son audace soit tournée en dérision.

Evidemment, les mauvaises habitudes ont la peau dure. Et, j’ai bien peur, qu’à vouloir à lui seul, s’attaquer à l’inconscience professionnelle, la détermination ministérielle ne s’écrase contre un mur. Tellement, nos fonctionnaires se plaisent dans leur laideur comportementale que je vois déjà, des sobriquets moqueurs pleuvoir sur la tête du bouillant ministre Mahougnon.

Mais qu’importe ! Le fonctionnaire béninois est foncièrement paresseux. La vérité de l’Insae chagrine Mahougnon. Hélas ! Qu’il ne se fatigue pas à prêcher dans le désert. Au Bénin, pour vaincre les vieux démons de l’irresponsabilité, il en faut plus que d’exclusifs coups de pied dans la fourmilière. C’est dire que la lutte doit être générale et globale. Et si le ministre Mahougnon a le mérite de donner le top, ses collègues doivent saisir la balle au bond, et ensemble, trouver un mécanisme de combat contre la paresse. Sinon, par ici, demain n’est pas la veille de l’entrain au travail et ce n’est pas le sous-développement qui s’en plaindra. Malheureusement pour le Bénin et pauvre des révolutionnaires comme Mahougnon !

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