Pastoralisme et stabilité au Sahel et dans la Corne de l’Afrique: Une conférence sur l’approche opérationnelle à Cotonou

Cotonou abrite du 6 au 8 décembre, la Conférence sur l’approche opérationnelle de la stabilité et la prévention des conflits en zone pastorale (Spc). Il s’agit pour les acteurs de lutte contre la transhumance venus de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel d’échanger sur les bonnes pratiques en la matière dans l’espace ouest- africain et sahélien.

La prévention des conflits liés à la transhumance transfrontalière en zone pastorale est au cœur d’une rencontre à Cotonou. La conférence portant sur « l’approche opérationnelle de la sensibilité et la prévention des conflits en zone pastorale », offre l’occasion aux participants de décortiquer la thématique en vue des solutions durables au profit des populations. La rencontre s’inscrit dans le cadre du projet d’appui au pastoralisme et à la stabilité au Sahel et dans la Corne de l’Afrique (Passha), financé par la Banque mondiale.
Pour le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep), Gaston Dossouhoui, qui a procédé à l’ouverture de la conférence, la région ouest-africaine est le théâtre de conflits parfois très violents entre usagers des ressources naturelles. « Les mouvements de la transhumance transfrontalière du Sahel vers les régions nord et centre des pays côtiers mal organisés et mal contrôlés, génèrent des conflits entre les éleveurs transhumants et les agriculteurs autochtones. Il souligne que le phénomène engendre de graves répercussions sur les ressources naturelles du fait des changements climatiques, des actions anthropiques et de la poussée démographique. « Notre région serait en passe de connaître des conditions d’alimentation et d’abreuvement du bétail très difficiles en raison de la baisse drastique des productions de fourrage dans la zone pastorale du Sahel, notamment en Mauritanie où les départs massifs des éleveurs transhumants en direction des zones d’accueil du Sénégal et du Mali sont enregistrés », expose-t-il.
Le Bénin n’est pas épargné des conséquences de la transhumance transfrontalière. « Des conflits entre agriculteurs et éleveurs sont enregistrés chaque année », rappelle le ministre.
La représentant de la Banque mondiale au Bénin, Cathérine
Sharkey, renchérit : « Au Bénin, la transhumance affecte les populations. Le changement climatique a une incidence forte dans le nord du pays, l’accroissement du nombre des personnes en situation de déplacement forcé est également un souci permanent pour les populations ». Les transhumants des pays du Sahel sont davantage exposés à ces vulnérabilités.
D’où le projet Passha de la Banque mondiale qui favorise la coopération régionale en matière de lutte contre la transhumance transfrontalière. Il s’appuie sur deux projets régionaux d’appui au pastoralisme du continent, à savoir le Projet d’appui à la résilience des modes de vie pastoraux dans la Corne de l’Afrique (Rplrp) et le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (Praps), dans leur compréhension et prise en charge des aspects de sensibilisation et de prévention des conflits.
Selon le secrétaire exécutif du Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss), Djimé Adoum, le bilan du Passha s’appuie sur le Guide pratique de la sensibilité et de la prévention des conflits. Il intègre les préoccupations sociales, environnementales, techniques, économiques, culturelles et politiques qui interagissent avec les projets d’appui au pastoralisme afin d’anticiper les impacts négatifs potentiels et d’appuyer le plus possible les impacts positifs des projets sur le contexte ».
Au-delà des impacts de ces projets, Catherine Sharkey insiste sur la nécessité pour les Etats de se concentrer sur des approches inclusives qui donnent du poids au niveau local et garantissent la stabilité.
Sur ce point, le ministre en charge de l’Agriculture a souligné les diligences effectuées par le Bénin pour faire face au phénomène de la transhumance transfrontalière. « Dans le cadre des dispositions pour atténuer ces conflits, le Bénin a réalisé 1000km de parcours balisé avec l’installation de points d’eau et des aires de repos sur 6500 ha et a créé quarante postes vétérinaires de contrôle d’entrées des transhumants.
Une expérience nouvelle concerne la délimitation des zones de pâturage avec une dotation initiale de 15 à 20 tonnes de complémentation alimentaire pour bétail, a-t-il poursuivi. De quoi inspirer les Etats dans leur lutte contre la transhumance.

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Author: {La Nation}

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